Dans l'esprit du public, le renard passe pour un invétéré mangeur de poules et de lièvres. Or, la réalité est totalement différente. S'il fallait traduire cette d'image d'Epinal, c'est d'un fantastique mangeur de rates et de souris qu'il faudrait parler ! Les rongeurs forment, en effet, l'essentiel de sa nourriture; De nombreux agriculteurs le savent pour l'avoir vu chasser, tôt le matin, non loin de leur tracteur, dans les prairies fraîchement fauchées. Record parmi les records : on a dénombré 48 campagnols des champs dans l'estomac d'un seul individu. C'est dire !
Le renard présente une remarquable faculté d'adaptation qui se manifeste à travers le choix de son habitat, son régime alimentaire et son organisation sociale.
Par monts et par vaux
Le renard occupe les habitats les plus divers: côtes, régions boisées, landes, montagnes, déserts... Dans nos régions, il marque une préférence pour les milieux semi-ouverts (régions de bocage, lisières, taillis...). Les terriers de reproduction sont généralement situés dans un talus, un bosquet, un taillis, une haie ou en lisière d'un bois. Ils peuvent également être implantés à découvert, par exemple dans une prairie.
Traditionnellement considéré comme rural, le renard est aussi devenu, en l'espace de quelques décennies, un hôte de plus en plus familier des villes et surtout de leurs banlieues. Il a conquis un bon nombre de grandes cités européennes : Londres, Paris, Amsterdam, Bruxelles, Oslo, Copenhague, Madrid, Budapest...Cette colonisation des villes est assez récente et a coïncidé avec le développement d'un tissu suburbain lâche, constitué principalement de quartiers résidentiels. Relativement peu denses en habitations, ces quartiers offrent au renard une nourriture abondante, souvent d'origine anthropique, et un couvert végétal suffisant.
À proximité des habitations humaines, il implante ses terriers dans des endroits pour le moins inattendus : sous des tas de bois, dans des canalisations désaffectées, des terrains vagues, des talus d'autoroute et de chemins de fer, des sablières...
Causes de mortalité
De nos jours, la circulation routière constitue probablement la plus importante cause de mortalité de l'espèce. Les principales victimes sont les renards juvéniles et les jeunes adultes en dispersion. Ces derniers sont encore inexpérimentés lorsque, quittant le territoire parental, ils doivent parcourir un réseau dense d'axes routiers.
Le nombre croissant de chiens, notamment en zone suburbaine, représente un autre facteur important de limitation de la population vulpine. La présence de chiens est surtout néfaste durant la période de reproduction et peut agir de deux façons : soit directement, par la prédation exercée sur les renardeaux, soit indirectement, par l'occupation de certains milieux ou par la concurrence de ressources alimentaires identiques.
La destruction volontaire de renards par l'homme (chasse, piégeage) et dans certaines régions, la rage et la gale sarcoptique, constituent les autres principales causes de mortalité. Localement, les hivers rigoureux peuvent faire périr des individus par affaiblissement et malnutrition.
Vivre avec le renard
Sachons vivre avec le renard !
Reprenons point par point quelques éléments importants :
1. Le renard est un précieux auxiliaire de l'agriculteur. Il est le champion toute catégorie pour capturer les petits rongeurs : campagnols, mulots...
2. Il a survécu aux pires actes d'extermination. A l'époque où la rage sévissait, c'est par milliers qu'ils étaient abattus chaque année en Wallonie. Pour quel résultat ? Aujourd'hui encore, malgré la chasse, les moyens de destruction, la circulation routière... qui éliminent bon an mal an 1 renard sur deux, le renard est toujours bien présent !
3. Tenter d'éliminer une population de renards sur un territoire donné serait un travail de tous les jours, à perpétuité : la mort d'un individu territorial attire d'autres individus, périphériques ou erratiques, qui occupent le vide et en définitive, la densité initiale a tendance à se reconstituer. Inéluctablement.
En conclusion : à quoi bon s'efforcer de l'exterminer, sachons tout simplement vivre avec lui !